S’installer en Israël

« Les familles juives françaises s’intègrent mieux qu’avant à la vie israélienne après l’alya »

écrit par Thierry Tordjman

Ilana est aux premières loges de l’alya francophone en Israël. Détachée par le ministère de l’alya et de l’intégration, elle anime, comme une quinzaine de ses collègues, un centre culturel de quartier à Jérusalem, visant à faciliter l’intégration des familles juives françaises.  Au contact de cette population immigrée depuis de nombreuses années, elle nous donne son regard sur l’évolution de l’Alya de France, et les nouvelles perspectives d’intégration des francophones à la vie israélienne grâce à la multiplication des initiatives. Faciliter l’alya des familles juives françaises à Jérusalem, mode d’emploi.

Ton poste au sein du ministère de l’Alya et de l’intégration ?

Je suis directrice du département de l’intégration au sein du centre culturel de Bayt Vegan. Nous sommes plus de 15 personnes à être dispatchées dans tous les quartiers de Jérusalem.

Auprès de quels Olim interviens-tu à Jérusalem ?

Je m’occupe des nouveaux Olims francophones qui arrivent dans le quartier. Nous avons un système informatique nous indiquant que telle personne vient de faire son Alya dans tel quartier ainsi que leurs coordonnées.

Tes missions auprès des Olim francophones du quartier ?

Ma mission consiste à aider les Olim francophones dans leurs premiers pas après l’Alya ,que ce soit au niveau administratif, inscription dans les écoles israéliennes, traduction de courriers ..

Je leur organise également des sorties et évènements pour les fêtes juives , le but étant de leur faire connaitre des olims francophones plus anciens et ainsi créer des contacts et des cellules de soutien .

A Bayt Vegan tout fonctionne par le bouche à oreille , et la solidarité est le mot d’ordre.

Concrètement, comment facilite-t-on l’intégration de familles juives françaises en Israël ?

Si la famille se sent soutenue dès l’arrivée en Israël, ça facilite beaucoup. L’important est de ne pas vendre du rêve aux nouveaux Olim. Faire son Alya comporte certaines difficultés, en particulier la première année, mais si ils rencontrent des gens qui sont eux aussi passé par là, qu’ils reçoivent des conseils avisés, et des réponses à leurs questions, une bonne partie du travail est déjà fait.

A Jérusalem, nous avons la chance d’avoir un maire qui a mis l’accent sur l’Alya de France , il n’y a aucune autre ville en Israël qui propose ce genre de service entièrement gratuit pour le Olé.

Au ministère de l’Alya et de l’intégration, une feuille est distribuée avec les coordonnées de chaque délégué responsable du quartier de Jérusalem, le Olé n’a plus qu’à entrer en contact avec nous et nous le suivons pour chaque premiers pas, il se sent moins seul et entouré.

Les familles juives françaises ont elles un problème d’adaptation à la vie israélienne ?

Beaucoup moins qu’avant. Je suis dans ce domaine depuis maintenant 10 ans et je constate que les juifs français s’intègrent beaucoup mieux à la vie israélienne.

Dans le quartier ou je travaille, beaucoup pensaient que l’oulpan était superflu et que travailler avec la France serait la meilleure solution; je rencontrais des personnes ayant fait l’alya 20 ans auparavant mais avec un hébreu très limité.

Beaucoup de nouveaux Oulpanim ont été mis en place pour faciliter l’apprentissage tel que l’Oulpan Cheli qui se déplace dans les différents quartiers de Jérusalem et adapte les horaires en fonction de leurs élèves. C’est un vrai avantage que nous n’avions pas auparavant.

Les Olims comprennent de plus en plus qu’il faut rentrer dans le marché du travail israélien afin de se sentir complètement intégré. Il y a de plus en plus d’étudiants francophones dans les différentes structures et chacun s’adapte à sa manière pour faire face à cette réalité.

Avec quoi les juifs français ont-ils le plus de mal en Israël ?

En général le plus difficil pour un juif français c’est le coté administratif qui est trop « primitif » selon eux. Que chaque demarche prenne trop de temps… ça les décourage beaucoup. Souvent ils laissent de coté la chance de recevoir une réduction dans les écoles maternelles israéliennes par exemple car la procédure est trop longue .

Qu’est ce qui leur manque le plus de leur vie de France ?

Je dirai le confort financier, mais un français qui compare constamment ce qu’il gagnait en France a ce qu’il gagne ici, ne sera jamais content. Quand on fait son Alya , on la fait par idéal et dans tous les domaines , même dans le domaine financier. Il faut faire le switch dans sa tète.

La dernière activité organisée avec les familles francophones de Jérusalem ?

J’ai organisé deux grands évènements pendant Hanoucca, un pour les familles (parents et enfants ensemble) et un pour les femmes et jeunes filles.

Il y a eu plus de 150 personnes a chaque evenement , cela prouve encore une fois l’importance de faire partie d’une kehila , d’un groupe . parmi ces 150 personnes il y avait des tous nouveaux immigrants ainsi que des beaucoup plus anciens . je vois en ces rencontres une mutitude de possibilites car chacun apporte a l’autre ce dont il a besoin .

Une rencontre pour mamans israéliennes et françaises

J’ai également mis en place une rencontre pour les mamans (israéliennes et françaises pour une meilleure intégration) en congés maternité une fois par semaine pendant 3h . Nous leur proposons une heure de sport après accouchement avec garde de bébés, un petit dej et discussion entre mamans et une heure de massage pour calmer bébé.

Cette idée est née après le constat de réels problèmes de solitude des mamans après accouchement qui pouvaient tomber en dépression sans que personne ne le sache.

Pourquoi as-tu choisi de travailler dans le domaine de l’Alya ?

J’ai fait des études dans le domaine de la psychologie et conseillère pédagogique, aider les autres a toujours été ma passion , que je tiens de mon père soit dit en passant!

Apres ma première année en Israël je me suis retrouvée Madriha pour le programme Naale pour jeunes filles dans une école à Jérusalem.

De fil en aiguille j’ai compris qu’aider les autres c’est bien, mais aider les Olim c’est magnifique.

J’ai moi-même traverser toutes sortes d’obstacles durant ma première année en Israël et j’aurai aimé que quelqu’un soit la a cette période. Aujourd’hui je me dévoue entièrement à cette mission.

Ta propre Alya : t’es tu intégrée facilement en Israël ?

J’ai eu la chance de participer a un programme Massa exceptionnel qui a su me donner l’amour d’Israel et qui m’a accompagnéee jusqu’au bout . je remercie encore aujourd hui le directeur qui m’a meme trouvee mon premier job!
Mais le manque de la famille, les difficultés de la langue, les galères administratives… c’était ca qui était difficile.

J’ai été toute ma vie au BNE AKIVA , sans même connaitre Israël je savais que je vivrai ici coute que coute alors j’ai TOUT fait pour m’intégrer le plus vite possible et ça a marché! Je me sens complétement israélienne avec un accent de française!

Tes conseils pour faciliter l’intégration des familles juives françaises qui font l’alya

  • N’ayez pas peur de demander de l’aide, cherchez autour de vous les bonnes personnes.
  • Il y a un centre d’exploitation des droits avec des contacts français,
  • Les délégués de chaque quartier de Jérusalem sont la pour vous.
  • En tant que français, on a du mal à dire  » j’y arrive pas , je comprends pas , aidez-moi »
  • Il ne faut pas hésiter à le faire parce qu’ici, en Israël on ne demande qu’à vous aider et vous faciliter la tâche.

Bon courage à tous les nouveaux Olims et bienvenue dans notre merveilleux pays !

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