Interviews bilan d’Alyah 

Rav Ben Shoushan : Une Alyah faite de hauts et de débats

écrit par Thierry Tordjman
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Le Rav Ben Shoushan est l’un des piliers de la communauté francophone de Jérusalem. Héritier de la Torah du Rav Kook, Disciple du Rav Aviner, on le connait pour ses engagements associatifs  et la qualité de ses enseignements. Ce que l’on ignore, en revanche, c’est son parcours d’Alyah jalonné de décisions fortes et de grosses galères. Entretien vérité avec un Rav qui ne fait pas dans la langue de bois.

A quel moment avez-vous décidé de faire l’Alyah ?

Lorsque j’étais en classe de première (17 ans), nous avons étudié à l’école  lors d’un cours de kodech, que la Torah ordonnait de vivre en Israël. Dès ce jour, il était clair pour moi que je vivrai en Israël.

De quelle manière vous êtes-vous  préparé à l’Alyah ?

J’ai d’abord essayé de convaincre des amis de monter en Israël avec moi mais ils se sont désistés. Alors après mon bac, je suis parti tout seul à Jérusalem où j’ai entamé des études d’informatique au Mahon Lev.

Comment s’est passée votre arrivée en Israël ?

Catastrophique !  Je suis arrivé tout seul en pleine nuit. On m’a fait poiroter pendant 3 heures à l’aéroport Ben Gourion pour me préparer les papiers d’intégration et puis on m’a envoyé en Taxi vers Jérusalem. Mais le chauffeur n’a pas trouvé l’adresse, alors il m’a déposé vers 2 h du matin dans un  oulpan que je ne connaissais pas à Jérusalem ! Ce n’est que le matin que j’ai pu me rendre à mon internat, au Mahon Lev.

Qu’avez-vous pensé de l’accueil des israéliens ?

Très froid au départ. Pendant mes études, j’étais seul à l’internat les chabat et jamais un israélien ne m’a proposé de venir passer le chabat chez lui. Mais après, ça s’est arrangé.

Quelles différences entre la société israélienne et la société française ?

Les français sont assez individualistes alors que les Israéliens se mêlent de tout….  Alors pour une mentalité française, cela peut paraitre indiscret et dérangeant, mais en fait cela découle d’une conscience intuitive que nous sommes tous une seule famille…

Vos 6 premiers mois en Israël, grand kiff ou grosse galère ?

Entre satisfaction intense de vivre en terre sainte et bonheur de découvrir l’état juif

Depuis la lecture de l’ouvrage « Herzl nouvelle lecture » le Rav Ben Shoushan organise tous les ans la Hazkara de Théodore Hertsl sur son tombeau

Pouvez-vous nous raconter votre parcours en Israël depuis ?

Eh bien, je me suis engagé dans la réserve universitaire de Tsahal et donc fait mon armée parallèlement à mes études. Alors la, grosse galère, car je n’étais pas du tout prêt, ni physiquement et encore moins mentalement à faire l’armée en Israël . De plus, en tant que soldat solitaire, je n’avais nulle part où aller pendant les chabat et les vacances. Mais malgré cela, j’en garde un bon souvenir.

Pendant mes  études en informatique,  je me suis rapproché de la Torah du Rav Kook et de ses disciples essentiels  au point de consacrer la plupart de mon temps à l’étude de la Torah et pas tellement à l’informatique.

En Fin de 4eme année je me suis marié et me suis enrôlé a l’armée. Puis j’ai étudié à la Yechiva Ateret Cohanim du Rav Chlomo Aviner (avec lequel je suis en contact jusqu’aujourd’hui) et puis à la Yechiva de Mercaz Harav, tout cela pendant une dizaine d’années. Je n’ai donc jamais exercé en Informatique.

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J’ai été ensuite embarqué dans l’entreprise de sauvetage du Golan lorsque le gouvernement de Rabin et puis celui de Barak ont voulu le céder aux Syriens. Une activité à plein temps pendant une dizaine d’années.

J’ai fondé une Association pour l’encouragement idéologique à l’alyah des juifs de France « Oz le-Israel » dans laquelle je suis actif jusqu’à présent.

http://www.alyah.fr/oz-le-israel-importance-spirituelle-de-alyah/

http://www.alyah.fr/appel-vers-israel-et-a-la-solidarite/

Tout ceci en enseignant en parallèle dans différents forums la Torah du Rav Kook, depuis une trentaine d’année

Entre temps nous avons eu, ma femme et moi, 8 enfants et 13 petits enfants qui je l’espère arriveront à une centaine de notre vivant….

Professionnellement, pas trop difficile d’être rabbin en Israël ?

Je suis rabbin par force des choses et non par choix. A force de donner des cours de Torah mes auditeurs décident de me nommer rabbin….

J’ai aussi monté une communauté de rite tunisien à Jérusalem dans le Quartier de Kiryat Moshé dans laquelle je joue le rôle de rabbin, là aussi par la force des choses.

Etant fan de la musique orientale, je joue du Luth, chante et officie en tant que Hazan dans cette communauté…

Je m’intéresse énormément à la  politique israélienne, voyant en elle une plateforme importante de l’avancement de notre renaissance nationale, maillon essentiel du processus messianique. J’ai même été candidat du Parti Yahad d’Eli Ichay aux dernières élections. Notre parti n’a finalement pas réussi à entrer à la Knesset mais j’espère avoir un jour le mérite de faire partie de la direction politique nationale de notre peuple pour faire avancer au mieux notre vocation de peuple lumière parmi les nations.

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En tant que parent, quel regard portez-vous sur l’Alyah de vos enfants ?

Mes enfants sont nés en Israël. Ils sont totalement Israéliens et ne parlent pas le français.  M’étant marie avec une Israélienne, la langue parlée à la maison n’était que l’hébreu. Ils sont tous engagés fortement pour le bien de la nation d’Israël,  chacun à un niveau de religiosité différent, selon son libre arbitre.

2 conseils pour ceux qui hésitent à faire l’Alyah ?

  • 1er conseil : N’hésitez pas car vous n’avez rien á perdre et tout á gagner !
  • 2e conseil : ne faites pas trop de calculs ! En entrant en Israël à l’époque de Yéhochoua on devait d’abord tuer le roi de « Heshbone » (qui veut dire calcul en hébreu). Dieu vous attend en terre sainte á bras ouverts alors que votre sort en exil est menacé par l’antisémitisme et l’assimilation.

2 conseils pour réussir son Alyah ?

Je vais même vous en donner 3 :

  • Habitez à proximité d’une communauté francophone en Israël (il y en a une centaine á travers tout le pays) pour retrouver vos repères et un bon encadrement social,
  • Mettez vos enfants dans de bonnes structures d’études (prenez conseil avec les anciens Olim).
  • Et surtout venez dans l’intention de donner de votre mieux pour la réussite de votre peuple (et non pas dans une optique de recevoir de l’aide). Alors tout ira pour le mieux et vous trouverez surement le bonheur

Yossef Ben-Shoushan
ozleisrael@neto.net.il

Découvrez son dernier projet  : la traduction du livre « Orot » du Rav Kook en français effectuée par Dr Menahem Bregerger et le Rav Yossef Ben Shoushan : https://ravkook-lumieres.com/

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