Interviews bilan d’Alyah 

Un parcours exemplaire – Des mines de Paris à la direction du No1 du traitement des eaux usées en Israël – L’Alyah familiale d’EZRA à 37 ans

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Cette interview-bilan est instructive et propre à transmettre l’énergie nécessaire à ceux qui hésiteraient encore à franchir le pas de l’alyah. Elle propose de découvrir le parcours d’un ingénieur en traitement des eaux, diplômé de l’Ecole des Mines et qui a, avec succès, réussi à s’intégrer au monde du travail israélien en créant des structures et des méthodes novatrices inédites en Israël, contribué à aider les nouveaux immigrants de manière significative et créé sa famille riche d’enfants et de petits-enfants. Ce récit contribue à montrer que l’Alyah, même si elle oblige parfois « à tout recommencer à zéro » en termes professionnels, se révèle être une expérience extrêmement enrichissante, passionnante et susceptible d’être couronnée de succès.


Sabine(1): Merci, cher Ezra, d’accepter de répondre à nos questions et de nous faire partager ta connaissance approfondie du pays, de ses défis et des innovations qu’il est possible d’y réaliser. Pourrais-tu tout d’abord, cher Ezra, te présenter ?

Ezra: J’ai 73 ans. Viviane et moi sommes mariés depuis plus de 50 ans; nous avons eu la joie avant l’Alyah d’avoir 3 enfants et, depuis l’Alyah, 6 petits-enfants …Nous sommes arrivés en Israël au nombre de 5 en 1979 et nous nous retrouvons aujourd’hui, en 2015, à 13 ; nous sommes heureux et vivons tous ensemble en Israël.

Sabine: Raconte- nous ta jeunesse

Ezra Je suis né à Alexandrie, en Egypte, ville qui, à l’époque, était cosmopolite et ouverte à toutes les cultures. Alors que j’avais 14 ans, nous avons dû quitter de façon imprévue et précipitée l’Egypte, environnés par l’hostilité brutale et inattendue de la population et, sans autre bien que 14 valises pour nous six – mes parents et leurs 4 enfants. Nous sommes arrivés en France, en Janvier 1957, dénués de tout.

Sabine: Donne –nous des détails de cette sortie d’Egypte

Ezra: Nasser, conseillé par des ex-dirigeants nazis, refugiés au Caire, retira, dans un premier temps, la nationalité égyptienne à ses citoyens juifs et, dans un deuxième temps, suite à l’attaque franco-britannique de Suez de 1956, les expulsa. Nous n’avions qu’une semaine pour quitter le pays. Cette « sortie d’Egypte » moderne a été une épreuve pour nous tous, mais surtout pour mes parents: Papa a pris dix ans d’âge en 3 mois. Viviane que je ne connaissais pas à l’époque, a vécu un drame similaire lors de l’expulsion de sa famille d’Egypte. Son père est décédé, relativement jeune, en suite à ce traumatisme.

Nous avons tous été dépossédés de nos biens. L’Egypte, suivant le modèle de l’Europe, enrichissait sa classe dirigeante grâce au pillage des biens juifs et la génération de nos parents qui n’a rien vu venir, a été durement éprouvée.

Sabine: Après l’Egypte, tu as également quitté la France. L’histoire s’est-elle donc répétée pour toi ?

Ezra: En France, avant 1978, Viviane et moi avions le sentiment qu’un avenir radieux nous était tracé: j’avais réussi brillamment mes études à et j’occupais, avec succès, un poste de Directeur General Adjoint d’une entreprise dynamique du secteur du Traitement des Eaux. Cette entreprise, grâce à ses capacités d’innovation, étendait son activité sur plusieurs continents. Puis, en 1978, « le ciel nous est tombé sur la tête « !

Sabine : Que s’est-il passé?

Ezra : Lors de la négociation d’une très grosse affaire de recyclage d’eaux en Arabie Saoudite, j’avais convaincu notre client, le Secrétaire d’Etat aux Finances d’Arabie Saoudite de venir à Nantes, hors protocole, avec ses conseillers pour conclure le contrat ; la raison de cette démarche inhabituelle était qu’étant juif, je ne pouvais pas aller à sa rencontre en Arabie Saoudite (2).

Ce voyage, hors protocole, du Secrétaire d’Etat à Nantes, a déclenché dans le monde des affaires de Nantes-St-Nazaire une campagne antisémite virulente et inattendue contre moi, à savoir : un juif ose traiter « en direct » avec un Ministre d’Arabie Saoudite, sans passer par les Autorités Françaises, ce qui, à en croire les accusateurs, allait entrainer des dommages considérables pour tous les exportateurs de la régionqui seraient alors inscrits sur la liste noire !

Mon PDG, malgré le profit exceptionnel engrangé suite à cette affaire, a invoqué, en me culpabilisant, mes « origines juives », seule et véritable cause de cette campagne dont il se serait bien passé!

Sabine : Est-ce que c’était tout ? Tu aurais pu te contenter de quitter ton employeur et de chercher un autre emploi et dans une autre région en France plus ouverte aux juifs?

Ezra: Non, parallèlement à la même période, notre fils ainé Eric, âgé alors de 13 ans, a été l’objet d’agressions antisémites verbales répétées, au lycée Jules Verne de Nantes, proférées par trois enfants de sa classe, ayant découvert que mon fils était juif.

Ces agressions accompagnées de phrases du type « on n’a pas tué suffisamment de juifs durant la guerre » tout en mimant le tir de mitraillettes et en visant Eric, ont culpabilisé et traumatisé notre fils qui a commencé à montrer des signes de dépression.

Sabine: Comment avez-vous réagi?

Ezra: Pour mettre un terme à cette agression, Viviane a contacté les parents des garnements en espérant trouver de la compréhension: elle a obtenu en retour des observations désagréables sur notre hypersensibilité, à nous autres juifs, qui voyons de l’antisémitisme partout…

Viviane est alors intervenue auprès de la Direction du Lycée Jules Verne. Le lycée a pris acte mais n’a strictement pris aucune mesure ! Pour nous c’était une découverte: en fait, les autorités de l’Enseignement de la République ne protégeaient pas les enfants juifs des agressions antisémites.

Sabine: Quelles conclusions en avez-vous tiré?

Ezra: Nous devions quitter, par notre propre initiative et dès que possible, ce pays où nous, nos enfants et petits- enfants étions exposés et vulnérables aux agressions et à la culpabilité d’être juifssans bénéficier de la protection des autorités locales. Dans le cas contraire, nous risquions, dès la prochaine crise grave en France, de vivre des agressions antisémites plus graves, à tendances criminelles.

Sabine: De quelle manière te sentais-tu attaché à la France avant ce qui a constitué ton second départ ?

Ezra: En fait, nous vivions un processus d’assimilation sans être capables de discerner les limites et les faiblesses de la culture française dans laquelle nous étions immergés. Nous avions, grâce à nos succès professionnels, un
niveau de revenus élevé. Nous n’hésitions pas à dépenser nos ressources car nous n’avions pas de craintes pour l’avenir ; nous voulions profiter de la vie, après des années de privation suite à l’expulsion d’Egypte. Nous
vivions dans « un rêve éveillé » dans une bulle franco-française.

Sabine: Dans quelles conditions se sont déroulés les premiers mois en Israël ?

Ezra: Viviane et moi ,étions responsables du présent et de l’avenir de notre famille alors que dorénavant nous ne disposions que de peu d’économies et que nous avions habitué nos enfants à vivre selon un train de vie trop élevé et
particulièrement mal adapté à l’Israël des années 80.

Plus grave encore, la culture dominante en Israël nous était parfaitement étrangère : nous vivions dans l’incertitude et l’anxiété mais nous étions confiants dans nos capacités à faire face à cinq.

Sabine: L’apprentissage de l’hébreu a-t-il posé des problèmes particuliers ?

Ezra: Papa, (za »l) (3), m’avait imposé lors de la préparation de ma Bar Mitzwa, l’apprentissage très sérieux de l’hébreu des prières et du Tanakh. En outre, il m’avait poussé à suivre « en volontaire », à partir de la classe de 6eme les cours du Professeur Harari, un sioniste courageux, qui nous a enseigné l’hébreu moderne et l’histoire d’Israël. Lorsque nous vivions en France, tout cela semblait oublié et enterré dans les tréfonds d’une mémoire sans intérêt…

Sabine: Et alors?

Ezra: Dès la décision, prise tous ensemble y compris avec nos enfants (Eric – 14 ans, Muriel – 12 ans et
Marc – 7 ans) (4) de faire notre Aliyah, j’ai eu la surprise de constater que j’étais capable rapidement, grâce à cet acquis de ma jeunesse, de me mettre à apprendre l’hébreu moderne et à l’enseigner de façon intensive a
notre ainé Eric (Merci Papa d’avoir insisté!).

Je suis arrivé en Israël au niveau Guimel (5). J’ai pu donc pu commencer immédiatement mon activité
professionnelle tout en continuant à apprendre l’hébreu, le soir, jusqu’au niveau Daleth (5) puis Heh (5).

Aujourd’hui, je pense mieux en hébreu qu’en français, surtout dans mon activité
professionnelle ! La maitrise de l’hébreu m’a permis d’accéder aux richesses exceptionnelles des cultures juives et judéo –israélienne, complètement méconnues de nous lorsque nous vivions en France.

Sabine: Comment es-tu parvenu à t’intégrer sur le plan professionnel ?

Ezra: J’ai d’abord proposé mes services de R&D (6) à Y. BRONITZKI (7) du groupe ORMAT (8) venu de France. Puis j’ai proposé D. BLECHER, Ingénieur en Chef du Ministère de la Construction pour les zones non urbanisées, de permettre grâce à l’utilisation des technologies que je maitrisais des économies substantielles pour résoudre
les problèmes d’assainissement des petites collectivités isolées (9).

Pour bénéficier de commandes d’ORMAT, j’ai créé une petite d’entreprise d’ingénierie « , B.W.T., et j’ai proposé à Y. BRONITZKI de résoudre les problèmes, réputés insolubles, concernant l’élimination progressive de la pollution de la couche supérieure des bassins solaires des centrales électriques qu’il avait développé (10). B.W.T. et l’emploi de Viviane au Club Med, nous ont permis de subsister au cours des deux premières années et d’être en mesure d’appliquer l’approche israélienne de la conduite des affaires.

Afin de recevoir des commandes du Ministère de la Construction, nous avons créé, Viviane et moi, « TARMAC LTD » entreprise de conception et de réalisation de stations de traitement des eaux usées dotée d’un statut d’entrepreneur de travaux d’infrastructures clé – en- mains.

Il nous fallait absolument des capitaux pour financer le fonds de roulement indispensable à la réalisation de commandes d’infrastructures dont le coût s’estimait en dizaines puis en centaines de milliers puis en millions de $(11) au fur et à mesure de notre pénétration du marché. Miraculeusement, un ami juif de Nantes m’a fourni, une garantie bancaire qui m’a permis de financer le démarrage de notre affaire.

Sabine: Comment s’est poursuivie ta carrière professionnelle ?

Ezra: Grâce à l’appui de D. BLECHER, j’ai eu la possibilité de réaliser, sans concurrence, trois installations-tests grandeur nature pour de petites collectivités pour faire la preuve de leurs capacités (12).

Les excellents résultats obtenus sur la qualité ont eu des résultats qui ont permis de lancer TARMAC LTD sur le marché israélien, de légitimer l’usage des techniques avancées de traitement des eaux en Israël et d’ouvrir le marché à la concurrence. D.BLECHER a immédiatement proposé à des concurrents intéressés par ce marché, un avantage similaire pour faire leurs preuves sur le marché qui venait de s’ouvrir.

Viviane et moi, avions constitué l’outil qui allait nous permettre de libérer la garantie bancaire de notre ami, de vivre à un niveau de vie acceptable, de permettre à Eric puis à Marc de faire à leur tour des études d’ingénieur au Technion et de faire face sans anxiété a notre avenir.

TARMAC LTD, après plusieurs restructurations destinées à accroitre ses capitaux, est devenue « KAL BINYAN TARMAC » »(K.B.T.), premier constructeur israélien d’usines de traitement des eaux usées(13) de 1997 à 2005.

En 2004, j’ai démissionné de la Direction de KBT suite à des problèmes de santé. Depuis, je travaille en tant
que consultant –expert et mes clients me demandent souvent de résoudre des problèmes de traitement d’eaux censés être  » insolubles »(14).

Sabine: Comment se place Israël actuellement dans le domaine du traitement des eaux ?

Ezra: A titre d’exemple, Israël, recycle plus de 85% des eaux usées du pays après des traitements super-élaborés et est parvenu ainsi à économiser 500 Millions de m3 d’eaux par an. C’est un record mondial : le 2eme pays du monde dans ce domaine, l’Espagne, ne recycle que 15% environ de ses eaux usées.

Ces performances exceptionnelles ont été atteintes dans tous les domaines de la Gestion et du Traitement des Eaux: record mondial au niveau des faibles pertes d’eaux a la distribution (15), niveau performance /coût record pour la désalinisation d’eaux de mer (16), mise au point de la nanofiltration adaptée pour la désalinisation d’eaux saumâtres (17), coût de l’eau potable au niveau du consommateur moitié du coût pratique en Europe(18), etc…

Sabine: Comment fonde-t-on sa propre entreprise en Israël et quels en sont les défis ?

Ezra: En Israël, les cadres les plus doués des sociétés dynamiques se mettent à leur propre compte au bout de cinq ans. Ils utilisent la connaissance du marché acquise au cours de l’expérience professionnelle, la clientèle potentielle connue grâce à leurs activités et le niveau du rapport coûts/efficacité des solutions existantes pour prendre l’initiative et proposer des solutions innovantes. L’ouverture exceptionnelle du marché à la concurrence leur permet de s’introduire dans le marché. Il leur reste pour perdurer et prospérer deux problèmes à résoudre : conserver en permanence une « longueur d’avance « sur la concurrence et trouver le financement de leurs activités visant à l’indépendance face aux fluctuations des paiements de l’administration

Sabine: Ezra, en plus de ta carrière professionnelle, tu as déployé, bénévolement, des efforts considérables afin d’aider les nouveaux immigrants à s’intégrer en Israël. En quoi a consisté ton action et dans quel cadre a-t-elle pris forme ?

Ezra: Jusqu’en 2002, l’Alyah de France comportait peu de diplômés de l’Enseignement Supérieur. A partir de 2002, une vague d’immigration de plusieurs centaines d’anciens élèves des Grandes Ecoles & des Universités est arrivée en Israël chaque année.

Nous avons décidé d’associer nos efforts dans une Association « l’A.A.E.G.E. Israël » (19) afin d’aider les nouveaux immigrants. Je faisais partie du noyau des 13 anciens élèves des Ecoles des Mines qui a lancé ce mouvement et des 2005 j’étais membre du noyau qui a lancé Gvahim(20) pour renforcer cette action. Entre 2008 et 2013, j’ai agi en tant que Secrétaire Général du Comité d’Animation de l’AAEGE- Israël

Aujourd’hui plus de cinq mille anciens élèves diplômés de l’Enseignement Supérieur de France sont montés
en Israël; un nombre important d’entre eux occupe déjà des postes- clé dans l’économie du pays.

Sabine: Es-tu toujours actif dans ce domaine de l’aide aux nouveaux Olim ?

Ezra: J’ai élargi mon action à tous les Olim francophones: plusieurs dizaines d’entre eux s’adressent à moi chaque mois directement ou au travers du site http://www.alyah.fr/ dans lequel je publie régulièrement des articles pour aider à leur intégration.

Dans ce site nous avons lancé une rubrique Israël au XXI ème siècle pour donner des infos fiables et vérifiables sur tous les aspects d’Israël aujourd’hui que les médias français ne diffusent pas (http://www.alyah.fr/category/50/Isra%C3%ABl+au+XXI%C3%A8me+si%C3%A8cle)

Sabine: Quels sont les améliorations obtenues au cours de toutes ces années d’efforts pour l’intégration des Olim ?

Ezra: Aujourd’hui, nous disposons d’énormément d’expérience pour orienter et accompagner les olim dans leur intégration et un réseau de près d’un millier de volontaires prêts à aider la nouvelle Alyah.

Nous avons mis au point des guides pour permettre aux Olim des professions règlementées(21) d’obtenir
le droit d’exercer leur profession en Israël et des volontaires de la profession pour les aider (guides disponibles dans le site http://www.alyah.fr/.

Nous avons obtenu en plus par négociation avec les Administrations la validation des diplômes des grandes écoles au niveau Master(22), la possibilité pour les médecins n’ayant pas terminé leur spécialité d’acquérir le statut de médecin en Israël(23), la possibilité pour les médecins de transmettre leur dossiers pour obtenir le droit d’exercer en Israël avant l’Alyah et d’excellentes relations avec les différentes administrations en contact avec les Olim.

Sabine: Tu évoques souvent l’idée de « Yazamout » ; pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ce que ce terme recouvre ?

Ezra: Israel est un des rares pays membre de l’OCDE(24) dont le niveau de vie a continué à progresser entre 2008 et 2013 suivant le rythme quinquennal rapide de 30% , dont la croissance économique au cours du XXI ème siècle a atteint 65% , la croissance démographique 30% , alors que les infrastructures de l’Instruction Publique & de la Recherche ,de la Santé Publique et du plein emploi se classent a des niveaux excellents sur le plan mondial.

Le moteur de ce développement continu et stable est la « Yazamout ». Par ce terme hébraïque nous désignons la capacité exceptionnelle des israéliens à prendre des initiatives individuellement ou en groupes à tous les niveaux de la société : au plan économique, culturel, scientifique, social, etc…

Sabine:
L’Israël actuel est-il différent de celui que tu as connu à l’époque de ton Aliyah et, si oui, en quoi ?

Ezra:
Israël de 1979 était un pays pauvre avec un niveau de vie moitié de celui de la France: il n’avait quasiment pas de réseau téléphonique, la gestion des ressources en eaux de 20 ans de retard, et le secteur public et parapublic était inefficace en couvrant près de 60 % de l’infrastructure de production du pays.

En 1978, les règles de la démocratie venaient de permettre à la population défavorisée des villes en développement de la périphérie de mettre fin à la direction du parti unique en confiait le pouvoir à Begin.

Israël aujourd’hui fait partie des pays les plus développés du monde et sans aucun doute le meilleur dans celui du développement de l’innovation créatrice à tous les niveaux. Ce pays possède désormais un secteur public et parapublic réduit à 30 % de l’infrastructure de production et un niveau de vie en voie d’atteindre et de dépasser celui de pays européens comme la France.

Un pays enfin où l’initiative, la créativité et l’innovation de chacun – au niveau des auto-entrepreneurs et des petites et moyennes entreprises comme dans tous les autres domaines – sont stimulées, encouragées et soutenues par l’Etat.

Sabine: Dans quelles dispositions d’esprit doit arriver en Israël un nouvel immigrant de France de nos jours?

Ezra: D’abord il lui faut observer, écouter et éviter tout discours « général »: il lui faut se focaliser pour fournir des réponses précises, concises et claires.

Il faut être en mesure d’aimer et respecter le peuple d’Israël et assimiler progressivement les valeurs de la culture judéo–israélienne, grâce à la maîtrise progressive de l’hébreu parlé, écrit, lu et pensé. Les olim de France seront surpris de constater à quel point il s’agit d’une culture proche d’eux dans une sorte de subconscient qui revient à la vie en Israël et permet de libérer des ressources insoupçonnées pour résoudre ses problèmes.

Sabine: Comment s’y préparer ?

Ezra: Il faut consacrer une période minimale de 6 mois pour préparer soigneusement son Alyah.

Il est indispensable durant cette période :

  • d’apprendre sérieusement l’hébreu moderne (parlé, lu, écrit et pensé) en Israël jusqu’au
    niveau 3 (Guimel): pas la langue des prières ni de la langue des institutions académiques françaises.
  • de se constituer un réseau de networking le plus riche possible avec vos contacts en France, en Israël et dans le reste du monde. Pour cela, il sera possible de me contacter (banoun_e@netvision.net.il); j’aiderai les Olim à établir des contacts.
  • de rafraîchir toutes vos relations avec des parents ou amis vivant en Israël.
  • de préparer un voyage professionnel d’une semaine effective 3 mois avant votre départ. Je pourrais vous
    aider à le préparer (http://www.alyah.fr/comment-preparer-son-alyah/)

Sabine: Encore quelques ultimes conseils à donner ?

Ezra: D’abord prendre connaissance des publications de http://www.alyah.fr/ et plus particulièrement de
ceux de la rubrique
http://www.alyah.fr/category/8/Ezra+Charles+BANOUN ainsi que de ceux publiés dans la rubrique http://www.alyah.fr/category/30/Interviews-Bilans+d%27+%22Alyah%22.

Ensuite et surtout si vous êtes mariés et avez des enfants, il est essentiel que la décision de faire l’Aliyah soit une décision collective de toute la famille, quitte à organiser des débats à ce sujet et un conseil de famille avec droit de vote à chacun. Non seulement vous éviterez des conflits& problèmes mais vous serez surpris de voir ce que cinq membres d’une famille, tous motivés.

Sabine: Merci, cher Ezra, de ces précieuses réponses et informations qui éclaireront les futurs candidats à l’Alyah !


NOTICE EXPLICATIVE :

Ce témoignage est le 22 ème publié en interviewe-bilan ; ce sera le dernier publié à mon initiative.

Sabine(1): Pianiste, Professeur de Piano, Traductrice, Rédactrice.

…qu’étant juif, je ne pouvais pas aller à sa rencontre en Arabie Saoudite (2): il est interdit aux juifs d’entrer en Arabie Saoudite- Nos contacts se faisaient au niveau d’un tiers, citoyen syrien qui savait que j’étais juif et l’avait dit au Secrétaire d’Etat. A trois nous échangions des blagues en arabe…

Papa, (za »l) (3) : formule hébraïque pour indiquer qu’il est décédé : mot à mot: que son souvenir soit source de
bénédiction!

Dès la décision, prise tous ensemble y compris avec nos enfants (Eric – 14 ans, Muriel – 12 ans et Marc – 7 ans) (4): suivant un conseil extrêmement pertinent d’olim qui nous avaient précédé nous avons soumis la décision de la ‘Aliya au vote des cinq membres de la famille: notre fils ainé Eric a demandé 15 jours de réflexion durant lesquels il a posé toutes sortes de questions. Dès que la décision a été prise à l’unanimité nous étions cinq solidaires pour faire face aux problèmes à affronter!

…au niveau Guimel (5). , Daleth (5). , Heh (5) : l’enseignement de l’hebreu dans les oulpanim s’effectue
suivant cinq niveaux : aleph, beth, guimel, daleth et Heh. Si un olé arrive au niveau Zéro, après 6 mois il se retrouve au niveau Beth, il ne peut envisager d’être recruté à un niveau « correct » en regard avec ses capacités. Il est donc recommande d’arriver au niveau Guimel et de faire l’oulpan pour arriver au niveau Daleth et trouver un bon job.

services de R&D
(6): Ingénierie pour résoudre des problèmes de développement technique ou technologique

… Y. BRONITZKI (7) : Lucien Yehouda BRONITZKI est un ingénieur visionnaire et chef d’entreprise internationale (groupe ORMAT) dans les domaines de turbines à gaz spécifique, des centrales solaires à
bassin stratifie et la géothermie domaine dans lequel ORMAT est un leader mondial (ancien olé de France).
http://www.bloomberg.com/research/stocks/people/person.asp?personId=1334250&ticker=OHT:GR&previousCapId=424949&previousTitle=ADVANCED%20VISION%20TECHNOLOGY

… groupe ORMAT (8): entreprise israélienne leader mondial dans la géothermie (http://www.ormat.com/). La géothermie est l’exploitation de couches d’eaux chaudes souterraines
pour produire de l’électricité.

économies substantielles pour résoudre les problèmes d’assainissement des petites
collectivités isolées
(9) : le développement urbain d’Israël se fait à partir de la création de petits ilots de 50 à 200 unités d’habitation dans des zones inhabitées ; pour ces zones les solutions de traitement que je proposais évitaient de réaliser des réseaux de collecte des eaux usées couteux.

concernant l’élimination progressive de la pollution de la couche supérieure des bassins solaires des centrales électriques qu’il avait développé (10): les centrales solaires capturent l’énergie lumineuse solaire grâce à un bassin multi-couches de salinité croissante en fonction de la profondeur; la pollution de la couche superficielle réduit le rendement de 70 à 75%. La solution mise au point met en œuvre une filtration multimédia avec lavage sériel air& eau sous pression, suivant un programme élaboré, et accroit le rendement de façon sensible.

…en centaines de milliers puis en millions de $(11) : depuis 20 à 100,000 $ pour les petites collectivités, à plus de 10 millions $ pour les villes.

…trois installations-tests grandeur nature pour de petites collectivités pour faire la preuve de leurs
capacités (12) :
pour tester la fiabilité d’une solution technique innovatrice et intéressante pour le développement du pays, l’Administration israélienne agit ainsi quitte en cas de réussite à stimuler la concurrence pour éviter la création de monopoles.

premier constructeur israélien d’usines de traitement des eaux usées(13) : KBT a réussi à obtenir la construction du plus grand nombre d’usines d’épuration de communautés urbaines de 10,000 à 50,000 hab. à partir de 1997 mais a périclité à partir de 2005 pour des raisons liées à la gestion de sa société mère K.B.

des problèmes de traitement d’eaux censés être  » insolubles« (14): le traitement des eaux
usées est comme beaucoup d’autres disciplines ,un domaine où l’évolution technologique est en avance d’au moins
une longueur sur la « théorisation scientifique « ; contrairement à ce qui s’effectue dans les autres pays développés, les techniciens et technologues d’Israël, acceptent de chercher des solutions concrètes et efficaces a des problèmes de pollution complexes pour lesquels la biodégradation biologique est dite « impossible » : ces recherches ont été couronnées de succès: par exemple, une équipe sous ma direction , a réussi a mettre au point un processus biologique avec des espèces bactériennes spécifiques ,efficace pour traiter des eaux usées industrielles venant de plus de cent usines et ateliers appartenant plus d’une dizaine de branches industrielles (textile, électronique, chimie, métallurgie, industrie alimentaire ,…).

…record mondial au niveau des faibles pertes d’eaux a la distribution (15): les pertes d’eau dans les canalisations de distribution atteignent 11%: à comparer avec le niveau français (22%) et le niveau chinois (50%).

niveau performance /cout record pour la désalinisation d’eaux de mer (16):
les centrales de dessalement d’eau de mer qui ont été réalisées en Israël permettent de produire le m3 d’eau potable
à 0.48 $ alors que dans les autres pays du monde ce cout atteint 0.6 $ ou plus.

mise au point de la nanofiltration adaptee pour la désalinisation d’eaux saumâtres (17),
en Israël une solution de nanofiltration d’eaux saumâtres permet de produire à faible cout à partir de
l’énergie solaire des eaux de qualité adaptées à l’irrigation des plantes sans limitation.

….cout de l’eau potable au niveau du consommateur moitié du cout pratique en Europe(18), le prix de l’eau au consommateur atteint 2€ alors qu’en France il atteint le double.

A.A.E.G.E. Israël (19)
: Association des Anciens Elèves de Grandes Ecoles et des Universités pour
Israël
http://www.aaege-israel.org/

GVAHIM (20) : ONG destinée à aider à l’intégration des olim diplômés de l’Enseignement Supérieur du monde entier (http://gvahim.org.il/about-page/)

professions règlementées(21) : professions dont l’exercice en Israël est
soumis à l’obtention d’un agrément de l’Administration telles que : médecins,
pharmaciens, infirmières, avocats, experts comptables, psychologues, …

validation des diplômes des grandes écoles au niveau Master(22) : validation indispensable pour des emplois dans des sociétés publiques et parapubliques mais insuffisante pour faire un doctorat.

.. .statut de médecin en Israël(23): les olim qui n’ont pas fini leur spécialité en France peuvent dorénavant acquérir le statut de médecin s’ils réussissent un concours de contrôle de connaissance

OCDE (24): Organisation de Coopération et de Développement Économiques regroupant 34 pays les plus développés du monde comprenant Israël.

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