Les Communautés juives et l’Alyah

42000 juifs de France… et moi et moi et moi

écrit par Arik
BANNER-don

Comme nombre d’entre vous, je suppose, j’ai appris avec plaisir que le gouvernement israélien lançait un grand plan pour accueillir 42000 de nos compatriotes français en Israel d’ici 2017. Cette annonce faite en fanfare marque le début d’une campagne que l’on espère fructueuse. On l’a vu encore dernièrement avec la tenue de la soirée de lancement du lobby francophone à la Knesset… et je veux croire que ce n’est que le début.

Enfin, semble-t-il, l’Etat d’Israël s’intéresse véritablement à nous! Le 1er ministre parle d’une opportunité historique. Et c’est vrai qu’à considérant les chiffres avancés, nous sommes bien dans une perspective historique: 6000 olim de France en 2014, 12 000 en 2015 et 24 000 en 2016 !

Enfin, sur le papier… Dans le climat délétère qui règne actuellement en France, une telle annonce ne vise rien moins  qu’à lancer, en réalité, l’émigration totale des personnes juives françaises. Autrement dit: l’espoir c’est un Exode.

C’est un appel du pied qui sonne comme une annonce de Banque Centrale: on dit qu’on songe éventuellement à faire quelque chose pour que le marché réagisse. Ici, on lance des chiffres qui ne sont en réalité qu’un objectif de doublement  annuel de l’alyah dans l’espoir que les masses suivront. Pourquoi je resterai si tout le monde part?

Je sais que je vais avoir l’air de me moquer, mais ce n’est pas le cas, j’analyse le plus objectivement possible. Et pour ainsi dire j’approuve.

J’approuve que l’Etat soit proactif, qu’il ai décidé de faire quelque chose, quand bien même ce ne serait qu’une annonce. J’approuve d’autant plus que l’annonce est accompagnée d’une forme de mea culpa quant aux entraves qui enferrent l’alyah française, par exemple pour tout ce qui concerne les équivalences de diplômes.

Cela donne une note concrete à l’optimisme. Je pense que le gouvernement à bien pris conscience que l’alyah de France était particulière, qu’elle avait besoin pour s’épanouir d’un peu plus que la promesse d’un meilleur ailleurs. Il semble en tous cas avoir pris conscience du fait que les Juifs de France ont le choix: ils peuvent émigrer aux états-unis, au royaume-uni, au canada… Cela a très bien été expliqué par Dov MAIMON dans une tribune que j’ai lu dernièrement.

J’approuve parce que je souhaite retrouver tous mes amis qui sont restés en France… j’approuve parce que si ça marche, ce serait tout simplement merveilleux.

Mais de l’autre côté, je ne le cache pas, je suis inquiet. Inquiet, parce que je ne pense pas qu’on puisse réussir une opération aussi simplement. Je suis inquiet, également, parce que si j’entends certains appétits s’aiguiser à l’idée d’une telle manne, je ne vois grands chose au sujet de l’intégration des plus démunis. Si on pense instinctivement que tous ces français vont devoir se loger et consommer, on oublie facilement que le juif français n’est pas forcément riche, diplômé et jeune.

Tout le monde n’arrivera pas forcément avec un patrimoine ou des compétences facilement transposables en Israël. Or, si les premiers auront le choix quand ils se poseront la question de l’émigration, nombreux seront ceux qui n’auront qu’une option: Israël. Autrement dit, il faut se préparer à une alyah sociale car on ne peut pas se permettre de voir déferler des milliers de français sans s’assurer de leur subsistance.

Personne aujourd’hui n’est en mesure de prévoir ce qui vas se passer. Il est tout à fait possible que les juifs français ne répondent pas à l’appel. Il est également possible et c’est notre souhait à tous que nous attirions par nos efforts l’ensemble de la communauté française, ce qui permettrait d’enclencher un cycle vertueux. Mais le scénario d’une alyah désargentée de grande ampleur est également envisageable. Or dans ce cas, il faudra être en mesure de créer rapidement suffisamment d’emplois pour absorber une main d’oeuvre francophone. Et cela sans disposer des capitaux sur lesquels on pourrait compter si toutes les franges de la communauté nous rejoignaient.

Bien sûr je ne dis pas cela pour jouer les Cassandre. L’Allemagne a vécu un scénario similaire après la chute du mur de Berlin. La réunification a eut un coût, mais il est négligeable par rapport aux bienfaits que cela a engendré.

Il en est de même pour nous,

 

 

 

 

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