Préparer son Alya

Avant et après l’Alya, suis-je le même ? La psychologie de l’alya

écrit par Ariel Simony

Chaque année de plus en plus de juifs font leur alya . Particulièrement les français qui sont passés de 1366 nouveaux olims en 2000 à 7900 en 2015 soit environ 6 fois plus. C’est ce qui fait d’ailleurs de l’alya française, recordman de l’alya en 2015, devant les ukrainiens et les russes. Pourtant, tous ne sont pas les mêmes avant et après leur alya. Au départ, certains sont pleins d’enthousiasme, joyeux, motivés et parfois même euphoriques d’arriver en Israël. D’autres, arrivent avec beaucoup d’appréhension, ne sachant pas vraiment ce qui les attend, même s’ils considèrent qu’ils devaient quitter la France. On a donc différentes façon d’amorcer et vivre son alya.

Cette psychologie de l’alya va influencer la manière dont nous vivons chaque évènement. Elle peut nous transformer. Si par exemple un olé s’attend à ce que l’alya soit un « American dream » et qu’il pense qu’ « Israel est le pays où le lait et le miel coulent à flot », il risque d’être déçu et cela peut conduire à une dépression voir un suicide dans les cas les plus extrêmes. Rappelons tout de même qu’un tiers des suicides en Israël sont actés par des olims. Quelle psychologie peut donc influencer l’évolution de son alya ?

On peut distinguer 5 façons de faire son alya et analyser leur impact psychologique:

1. L’alya suite à l’antisémitisme

L’alya suite à de l’antisémitisme que j’appellerai « l’alya du juif » est une alya généralement causée par une discrimination vécue à l’égard des juifs dans le pays de résidence. En principe, cet olé est plein d’appréhension. Il sait ce qu’il quitte mais il ne sait pas ce qu’il trouve. Il n’est donc pas des plus enthousiastes à l’idée de s’installer en Israël. Son alya est peu réfléchie car il n’a pas le temps d’y penser « sérieusement ». C’est une alya de pression, une alya d’appréhension. Dans ce genre d alya, l’olé est soulagé d’être en Israël, se sent en sécurité mais il risque d’être déçu par les différences de fonctionnement entre son pays de résidence et Israël (langue, travail, mentalité…). Cela peut causer une dépression s’il n’est pas préparé et qu’il ne trouve pas les moyens pour s’adapter. D’autant plus que la première année peut très bien se passer mais que le manque d’argent ou les différences de mentalités peuvent devenir très problématiques avec le temps et conduire à de la frustration. Cette frustration, qui elle, peut générer de l’angoisse

2. L’alya des sionistes

L’alya des sionistes que j’appellerai « l’alya du patriote » est une alya qui est généralement faîte avec beaucoup de joie. Ces olims ont foi en Israël et sont pour la plupart des idéalistes avec un enthousiasme très fort. Plein d’optimisme et de volonté, ils vont beaucoup s’investir et tout faire pour que leur alya se passe bien. Ils veulent contribuer à la défense et au développement de leur pays. Ils font preuve d’un grand patriotisme et considèrent que chaque obstacle est une épreuve leur permettant de « mériter leur installation en Israël ». Ils considèrent qu’Israël est « leur » pays. Ils se posent rarement la question d’un retour à leur pays de résidence. Le point de vigilance dans cette alya c’est de se retrouver face à un décalage entre l’idéal et la réalité nécessitant plus de capacités d’adaptation que prévu. Cela peut engendrer une déception qui peut conduire à une dépression du fait de se sentir impuissant face à la situation.

3. L’alya du bouche à oreille

L’alya issue de la propagande, que j’appellerai « l’alyah du bouche à oreille » est celle qui suit un courant de pensées et d’actions sur la base d’un mouvement social. Ceux sont des olims qui sont généralement influencés par d’autres et qui décident de faire leur alya parce qu’on leur a conseillé de la faire. Ils viennent beaucoup avec des « on m’a dit que ». Ils ne sont pas très enthousiaste de venir en Israël mais pensent que leur vie sera meilleure parce qu’on leur a dit qu’Israël c’est top. Ils peuvent être influencés par leur famille, leurs amis ou les médias. Ces olims peuvent être très déçus si on leur a idéalisé leur alya et qu’ils se rendent compte que la réalité est tout autre. Ils peuvent devenir très critiques et penser que tout leur est du. Ils ont du mal à se sentir chez eux en Israël et se demandent plus souvent que les autres s’ils ne doivent pas faire machine arrière. Cela peut leur générer de la colère et le sentiment d’avoir été trompé. Ils risquent de devenir très agressif et faire preuve de violence s’ils se sentent « pris au piège » et ne prennent pas de recul.

4. L’alya du travail

L’alya du travail que j’appellerai « l’alya du travailleur » se ferait donc pour des raisons professionnelles. Elle concerne les olims venant de pays peu développés où le coût du travail est très bas et ou le chômage est très élevé comme en Ethiopie, en Ukraine ou en Russie. Ces olims sont généralement peu enthousiaste de venir en Israël mais c’est pour eux le moyen de gagner leur vie et nourrir leur famille. Ils peuvent être dégoutés du fait de devoir venir dans un autre pays pour travailler et nourrir leur famille. S’ils ne relativisent en considérant qu’ils parviennent, au moins ici, à avoir une vie décente, ils peuvent se sentir déracinés et mettre fin à leur vie. Notons qu’un quart des personnes suicidées en Israël entre 2000 et 2013 proviennent de l’union soviétique.

5. L’alya issue du terrorisme

L’alya issue du terrorisme que j’appellerai « l’alya du combattant » qui est une alya survenu à la suite d’évènements dramatiques comme l’attaque de Toulouse ou encore celle de l’hyper cacher. Ces olims viennent avec beaucoup de tristesse. Ils ont perdu un proche ou habitait à proximité du lieu d’un évènement. Ils cherchent à surmonter leur désarroi en s’engageant à l’armée ou en agissant pour le bien d’Israël. Ils sont un peu comme les patriotes, à la différence que ces olims font plus d’actions par pression que par choix. Ils ont du mal à s’épanouir, culpabilisent pour peu et éprouvent le besoin de se prouver pour tout.

L’impact de l’alya sur le psychologique

Pour conclure, chaque alya possède sa spécificité mais toutes ont le point commun de faire grandir Israël. Que ce soit en nombre, en armée, en main d’œuvre, en dévouement ou en politique, chaque olé a sa place et doit trouver sa place. L’alya constitue un réel changement qui impacte sur le psychologique. Sans vigilance, on peut passer de l’alya la plus joyeuse (alya du up) à la plus négative (alya du down) . Il est donc important de prendre conscience du sens de l’alya et de sa direction.

Je souhaite à tous une réussite ou un maintien de réussite en Israël parce qu’Israël en elle-même est le symbole de l’alya réussie : ישר אל qui veut dire « tout droit vers Dieu ».

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