Alyah en Pratique

Nourit Koren : « les 5 principaux obstacles à la réussite de l’Alyah des juifs de France »

écrit par Thierry Tordjman

Nourit Koren est une députée éprise de justice. Sollicitée par Hélène Mazouz à la dernière dissolution de la Knesset pour prendre sa succession à la tête du Lobby francophone, cette ancienne avocate n’a pas hésité un seul instant. Elle y voyait l’opportunité de combattre bon nombre d’injustices touchant la communauté des Olim francophones en Israël et d’améliorer les conditions d’Alyah des juifs de France. Connue pour sa farouche détermination à faire valoir les droits de la communauté Yéménite d’Israël, notamment dans « l’affaire des bébés disparus », nul ne doutait du succès de sa mission. Malgré un emploi du temps de (future?) ministre, elle nous a accordé un entretien exclusif. Histoire de faire le tour des principaux obstacles à la réussite de l’Alyah de France en Israël. Et des combats du lobby francophone pour y remédier.

Les 5 obstacles à la réussite de l’alyah des juifs de France en Israël

Depuis ma prise de fonction, nous avons identifié 5 problèmes essentiels qui perturbent l’intégration des juifs de France en Israël et par conséquent, la réussite de leur Alyah.

1. La maitrise de l’Hébreu

De manière générale, les Olim de France n’apprennent pas/peu/mal la langue du pays. Certaines familles francophones s’expriment difficilement, même après 20 ans en Israël !

C’est l’obstacle essentiel à franchir si l’on souhaite s’intégrer. Sans hébreu, difficile d’acheter à la supérette, de choisir l’école de ses enfants, de demander des soins à l’hôpital, où même, de travailler dans le secteur de son choix en Israël. Même si le nombre de francophones en Israël ne cesse d’augmenter, l’apprentissage de l’hébreu doit être une priorité, quel que soit l’âge auquel on effectue l’alyah.

2. La non reconnaissance des diplômes français en Israël

Les pharmaciens, les infirmiers, les médecins de France ont longtemps vu leurs diplôme français être déconsidérés en Israël. De ce fait, il était extrêmement difficile pour ces personnes qui travaillaient déjà en France d’ouvrir des affaires en Israël.

Au point que certaines familles se retrouvaient dans l’obligation de séparer suite à l’Alyah. Nombreux sont les pères de famille qui travaillaient en France, contraints de laisser femme et enfants se débrouiller en Israël. La fameuse Alyah Boeing.

3. L’incompréhension du système scolaire israélien

Le système scolaire israélien est très différent du système français. Mal informés sur les écoles israéliennes, les juifs de France ont placé directement leurs enfants dans les écoles religieuses, qui ne correspondaient pas toujours à la vision qu’ils avaient de l’école juive de France, ou de la pratique religieuse du judaïsme.

Ils ne connaissaient pas le système israélien de tests d’entrée pour enfants, ou même tous les cursus d’éducation spécialisée proposés par le système scolaire israélien extrêmement développés en Israël. Choisir une école inadaptée en Israël est à la fois pénalisant pour l’intégration des enfants. Mais aussi pour l’intégration des parents.

4. Les problèmes de logement en Israël

La crise du logement concerne tout le monde en Israël. Même les israéliens doivent s’accommoder de ce problème. Qui dit pénurie de logement dit hausse des prix de l’immobilier en Israël, surtout dans les villes prisées par les Olim de France : Jérusalem, Tel Aviv, Netanya, Raanana…

Les juifs de France, contrairement aux idées reçues, ne roulent pas sur l’or. Ils n’ont pas forcément les moyens d’accéder à un logement en Israël avec la flambée des prix, conjuguée à la baisse de l’Euro. De plus, de nombreux retraités, peu fortunés, viennent en Israël sans patrimoine. Ces anciens, l’état doit leur fournir des aides pour accéder à la propriété en Israël. Ainsi que l’ensemble des Olim de France, selon leurs moyens.

5. Le passage du permis de conduire en Israël

Lorsqu’il n’y avait pas de reconnaissance du permis de conduire français en Israël les Olim avaient du mal à passer la théorie (le code) et la pratique (la conduite). Ils ne disposaient que d’un an pour le passer, ce qui était largement insuffisant.

Et cet échec au passage du permis de conduire en Israël engendrait de nombreuses répercutions néfastes à l’intégration : mobilité géographique réduite, difficultés pour aller travailler ou même obtenir certains postes nécessitant le permis… Bref, un obstacle handicapant, sans que l’on sache très bien pourquoi il en était ainsi.

Nourit Koren, Députée du Lobby francophone de la Knesset

Pourquoi de tels obstacles encore aujourd’hui ?

Vous me croirez si vous voulez, mais la plupart de ces blocages, de ces manques de reconnaissance de diplômes, de permis de conduire, n’étaient pas forcément la résultante d’une (mauvaise) volonté politique. Ils étaient surtout d’origine bureaucratique, liés à la lourdeur, à la complexité de la machine administrative israélienne, un monstre tentaculaire que peu avaient le courage d’affronter.

Depuis 2 ans, 12000 juifs de France ont ouvert un dossier d’Alyah mais seulement 8000 d’entre eux sont montés en Israël

Les réponses du Lobby francophone à ces obstacles

Tout au long de l’année 2017, le lobby francophone de la Knesset s’est battu sur tous ces sujets et a fait évoluer les choses dans le bon sens pour les candidats à l’Alyah de France. Savez vous que depuis 2 ans, 12000 juifs de France ont ouvert un dossier d’Alyah mais seulement 8000 d’entre eux sont montés en Israël . Vous pouvez compter sur le lobby francophone en 2018 pour améliorer ces chiffres en 2018. Je ferai personnellement tout ce qui est en mon pouvoir pour aider l’alyah des juifs de France et faciliter leur intégration en Israël.

Les 5 réponses du Lobby francophone en Israël à ces obstacles à venir prochainement

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